29 septembre 2008

Le premier droit des enfants et le droit de vivre

"Le plus important dans la vie,
mon garçon,
c'est l'air pour respirer,
c'est l'eau pour boire,
c'est le lait pour se nourrir,
c'est le temps pour bien le remplir.
Mon garçon, parfois
l'air s'appelle liberté,
l'eau pure est synonyme d'amitié,
le lait est pour tous ceux qu'on aime,
la terre est un devoir,
le temps est une conscience."

Alain Bosquet






Extrait du "grand livre des droits de l'enfants", Alain Serres 1989

Préface
"L'enfant est l'être le plus fragile et le plus fort qui soit au monde. Le plus fragile, car incapable contrairement au petit d'animal de marcher, de voler, de vivre pendant des années sans le secours d'autrui. Mais le plus fort, car représentant de la plus évolué des espèces vivantes depuis que ce phénomène miraculeux qu'est la vie a rencontré sur la Terre les conditions permettant sa naissance il y a 4 milliards d'années.
L'enfant devrait donc être plus respecté que n'importe qui. Il est moins respecté que quiconque. On le laisse mourrir de faim en Afrique pendant que des tonnes de nourritures sont détruites en Europe. On le laisse mourrir de peur en Amérique du Sud où il craint chaque nuit l'arrivée des bandes armées. On le laisse mourrir comme un petit soldat au Moyen-Orient où il n'a pas de terre. On le laisse mourrir aussi dans notre pays où chaque jour deux enfants martyrs meurent de faim et de mauvais traitements.
Et quand on le laisse vivre, trop souvent on le laisse vivre sans savoir, sans apprendre. "L'homme n'a pas seulement besoin de pain" a't'on pu écrire il y a des siècles. L'enfant a lui aussi besoin d'autre chose : d'une école qui lui permette de se rattacher à tous ceux et à toutes celles qui l'ont précédé, et de se reconnaitre en eux. Il est un peu Mozart quand il entend la Sérénade Nocturne, Beethoven quand il écoute la Romance en Fa, La Fontaine quand il pense à l'Agneau, Molière quand il rit du Bourgeaois Gentilhomme, le Capitaine Némo quand il va sous la mer, Picasso quand il regarde le Clown Triste, et copain de Victor Hugo en pensant à Gavroche. En lui permettant de les connaitre et de les approcher, il agrandit sa famille et il apprend, petit, que le véritable amour n'est pas donné seulement par le sang, mais aussi et surtout par l'admiration et l'amitié.
Le premier droit des enfants et le droit de vivre.
Le deuxième droit des enfants et le droit au bonheur.
Le troisième droit des enfants et le droit d'apprendre.
Le quatrième droit des enfants et le droits de grandir en paix.
Le monde tel qu'il est n'est pas satisfaisant. Il ne le sera que lorsque tous les enfants du monde auront un avenir à eux. Lorsque leurs yeux pourront regarder l'azur avec confiance. Comme les cosmonautes dont les yeux regardent depuis des centaines de kilomètres dans l'espace notre petite Terre qu'ils appellent la planéte bleue.
On disait jusqu'ici bleu comme le ciel. On dit aujourd'hui bleue comme la terre. Puisse-t-on pouvoir dire demain bleu comme le regard de tous les enfants de la Terre...
Professeur Léon Schwartzenberg.

Alors que je suis là en train d'écrire, j'entend mes enfants discuter.
La grande dit à sa soeur :
- tu sais à l'école ce qui est le plus difficile à supporter ? C'est que tu n'as pas le droit de boire.
Alors je repense à ce que je viens d'écrire "le premier droit des enfants et le droit de vivre...".

Cet ouvrage à trente ans, pourtant il n'a pas trop pris de ride. Les sociétés évoluent, la technique va vite mais l'homme ne se révolte pas contre l'emprise de ce monde mécanique qui nous violente chaque jour et qui nous empêche de voir. Voir dans ces petits yeux qui pétillent que notre avenir est entre leur mains, que nous ne récolterons que ce que nous avons semé et que nos comportements d'adultes égoïste n'étaient pas digne de leur confiance.

3 commentaires:

Anonyme a dit…

iioooouutcchhhh !
Coup de poing au ventre !

Servanne a dit…

Billet essentiel et qui me touche profondément, merci.

De ta visite aussi !

au plaisir

Servanne

Anonyme a dit…

très beau post... ça me touche beaucoup.
Merci